

La collection Exuvies rassemble des œuvres d'imagination et d'inspiration chrétiennes : romans, nouvelles, allégories…
Ci-dessous, vous trouverez pour chaque ouvrage une courte description ou le début de la préface. Ils peuvent être téléchargés au format pdf (A5) ou epub.
Évangéliste de renom, Ruben Saillens (1855-1942) a surtout excellé dans la composition de cantiques, qui sont devenus des classiques de la liturgie protestante évangélique. Dans ce recueil il réunit une collection d'historiettes qu'il employait pour illustrer des vérités bibliques auprès d'un public populaire. Les Contes du Dimanche visent avant tout à éveiller dans les âmes la soif de vie éternelle et à leur indiquer la seule source qui puisse l'étancher : Jésus-Christ.
Dans le firmament littéraire, Ernest Hello fait plus figure de comète à longue période que d’étoile fixe : son nom demeure complètement ignoré du public, hormis quelques brefs jours où surgi de nulle part, il s’approche du soleil de gloire, force l’étonnement par l’intensité lumineuse de sa couronne, avant de plonger à nouveau dans l’obscurité intersidérale et l’oubli, pour le reste du siècle.
Ernest Hello est né à Lorient le 4 novembre 1828 dans une famille de petite bourgeoisie, le père magistrat, sceptique en religion, la mère, pieuse catholique. Très tôt Ernest se fait remarquer par ses dons intellectuels, son caractère absolutiste assoiffé de vérité métaphysique, et un net penchant pour la méditation solitaire. On crut un moment l’orienter vers le barreau, comme son père, mais au sortir de l’adolescence Ernest se convertit au christianisme, et dès lors il refuse d’envisager d’autre carrière qu’au service de Dieu...
Vers 1860, un fils de pasteur qui avait fait de l’étude de la nature son occupation principale, réfléchissait au mode de reproduction de l’ichneumon. Cette espèce de guêpe, au dard extrêmement dur, pond ses œufs dans le corps d’un autre animal, et notamment des chenilles. Lorsque les larves éclosent, elles dévorent ensuite leur hôte de l’intérieur (une chrysalide qui a été ichneumonée donnera donc naissance à un ichneumon, et non à un papillon). Le spectacle de la lutte pour la vie dans toute sa cruauté, suffit alors pour que celui qui y songeait, renonce définitivement à croire en un Dieu tout-puissant et plein de bonté, qui aurait créé le monde. Ce jeune homme s’appelait Charles Darwin.
Sans préjuger de la valeur de son travail subséquent, qu’on lise à l’opposé ce qu’écrit Alexandre Morel sur la relation entre l’ichneumon et le papillon, et les applications spirituelles qu’il en tire à propos de l’âme humaine. Quelle que soit la conviction que chacun en retirera, il devra convenir que l’examen des papillons, pour frêles et éphémères que soient ces petites bêtes, ne va sans entraîner de grandes pensées. Comme le fait remarquer Alexandre Morel, les Grecs avaient fort à propos désigné d’un même mot l’âme et le papillon : Psyché.
La seconde partie du Voyage du Pèlerin, de John Bunyan, n'atteint pas à l'originalité puissante de la première, parce qu'elle la répète trop. Elle contient cependant suffisamment d'images précieuses des réalités spirituelles pour mériter de ne pas rester complètement inconnue du public français. Sans s'en rendre compte le lecteur s'attachera plus qu'il ne pense à Christiana et à sa petite troupe ; c'est avec tristesse et envie qu'il les regardera, dans le dernier chapitre, traverser le fleuve, dont l'autre rive touche à l'éternité.
Pour exemple, le prédicateur Spurgeon aimait à relever cette perle : « Là-dessus, les pèlerins observèrent les mouvements de la poule, et s'aperçurent qu'elle procédait de quatre manières différentes envers ses petits :
Le lecteur français qui prend connaissance du Voyage du Pèlerin, de son contenu et de son histoire, se trouve confronté à une énigme. Il se demande comment un livre religieux du dix-septième siècle, écrit dans un style quasi-enfantin, a pu bénéficier d’un succès continu et universel, au point qu’on ne compte plus le nombre de ses éditions et de ses réimpressions. L’ouvrage de John Bunyan constitue en effet un véritable phénomène de la littérature anglaise, d’une magnitude comparable à la production de la Bible King James elle-même...
Pour s’expliquer le paradoxe entre la simplicité du texte et son impact, il ne faut jamais oublier que cette composition ne tire pas son origine d’une allégorie purement imaginaire : Le rêveur fatigué qui se retrouve dans une caverne, et qui va raconter son voyage onirique, c’est Bunyan lui-même, qui a écrit son livre en prison. Il y est resté plus de douze ans, sans autre crime que d’avoir voulu prêcher publiquement l’Evangile ! Il est vrai que simple étameur de fer blanc, sans autre formation que sa lecture assidue de la Bible, Bunyan ne possédait aucun des titres ecclésiastiques exigés à l’époque pour pouvoir adresser un public sur des sujets religieux. Cependant il est impossible d’arrêter une initiative prise par Dieu ; semblable aux apôtres du livre des Actes, aux instruments de réveil de toutes les époques, Bunyan a clairement été une telle initiative de Dieu.
« En reposant la plume après avoir fini d’écrire ce livre, je répétais en moi-même, avec Balthasar : « Dieu seul est grand ». J’étais devenu chrétien. »
Si Lew Wallace est une figure historique aux États-Unis, il le doit moins à ses titres de général de l’armée de l’Union pendant la guerre de Sécession, de gouverneur du Nouveau Mexique, d’adversaire de Billy the Kid, qu’à celui d’auteur de Ben-Hur. Depuis sa première publication en 1880, cet ouvrage de 600 pages dépassa en tirage tous les autres (la Bible exceptée), jusqu’à la sortie de Autant en emporte le vent en 1936. Dès 1900 il avait été réédité 36 fois en anglais et traduit en 20 langues. Depuis, il est vrai que le livre, toujours imprimé, a cédé sa notoriété à la mythique production holywoodienne et au rôle de Charlton Heston.
Ecrivain peu connu avant la sortie de Ben-Hur, Lew Wallace n’a pourtant pas eu la gloire comme ambition en choisissant son sujet : d’après son propre témoignage, il a seulement voulu combler sa propre ignorance des bases historiques du christianisme. En 1875 il avait rencontré dans un train un célèbre athéiste militant, le colonel Robert Ingersoll ; mis au défi par lui de justifier sa religion, Wallace s’aperçut, à sa grande confusion, qu’il n’avait jamais été qu’un chrétien de nom, incapable d’expliquer en quoi consistait sa foi. Suite à cet incident…